06 janvier 2010

Madame la conductrice do u want my péni?

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Lady Cab Driver est le neuvième titre de l'album 1999 sorti par Prince courant 1982. Ce titre pose de manière amusante le délicat problème d'être dans un rapport de type commercial avec une tierce personne, pose que ce rapport est aliénant, désubjectivant et donne éventuellement une solution coquine pour s'en sortir.

La chanson commence dans une ambiance sonore typiquement urbaine, le sonotone repère aisément les indices habituels de cette condition, le brouhaha est incessant, la rumeur de la foule véhicule un stress conséquent, et les véhicules usent de leurs avertisseurs gaiement.
Maintenant entre en jeu notre héros, Prince, qui hélant et ce par deux fois un taxi tente de s'extraire de ce tissu urbain un brin trop décousu pour une âme qui semble t-il aspire à la quiétude. Le type de rapport que prince va tenter de d'établir avec la dite conductrice de taxi est tout à fait hors du commun.

"Madame la conductrice de taxi, pouvez-vous m'emmenez pour une balade?
Je ne sais pas où je vais parce que je ne sais pas où j'étais
"

Nous sommes clairement en présence d'une déclaration romantique, Prince confie être totalement en perte de repère, il convient donc qu'une autre personne prenne les commandes afin de lui assurer de ne pas sombrer. C'est une attitude que nous pouvons éventuellement demander d'un parent, d'un ami, nous pouvons fantasmer sur la perspective de trouver un guide dans une quelconque idéalité, mais le demander à un taxi est extra-ordinaire, le fait que ce conducteur soit une conductrice n'est peut-être pas anodin.

"Faites-moi sortir d'ici, j'ai l'impression que je vais mourir
Madame la conductrice de taxi, remontez votre vitre, vite
(...) le vent souffle dur et
Je ne sais pas si je peux tenir
"

"Madame, je suis si solitaire, je sais,
Ce n'est pas la bonne façon d'être
Je ne veux pas l'isolement mais l'air me refroidit
Conduis-le, baby, conduis-le, conduis ce démon hors de moi
"

Prince à l'époque de l'écriture de cette album est âgé de 23 ans, il est permit de penser que son sevrage est désormais bien achevé. Cependant le recours, la tentation de se réfugier dans le giron maternel est là, bien présent. C'est une solution qui se déploie plutôt de manière douloureuse, le pathos semble conséquent, le jeune héros perçoit qu'il est à côté de la plaque mais

"Emmène-moi dans ton hôtel particulier, mon chou, vas-y Partout
Aide-moi, je suis en train de me noyer
Il y a une masse de confusions dans ma tête
"
Accepteras-tu mes larmes pour payer la course ?
"

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La conductrice de taxi se retrouve donc ni plus ni moins qu'instrumentalisé par un jeune homme voulant voir en elle un palliatif maternel valable et si nous ne savons pas nécessairement ce en quoi peut constituer cet hôtel particulier qu'il nous soit permit de penser que cet établissement se situe en bordure d'un grand parc d'attraction très à la mode appelé régression.
A noter que ce client tout particulier, nonobstant de se fiche totalement de l'activité commerciale de son hôte décide tout simplement de ne pas payer et plutôt par ailleurs la faire payer comme nous allons le voir dans l'épique scène finale.

La stratégie semble alors avoir fonctionner, maintenant en sus d'une basse hypnotisante d'un beat précis et régulier d'une guitare striant gentiment l'oreille, vient se greffer les râles sans équivoques d'une jeune femme, il n y a plus de doute, notre jeune héros se tape la chauffeuse de taxi.

"C’est pour le taxi que vous devez conduire sans être du tout payée
C’est pourquoi je ne suis pas né comme mon frère, intelligent et grand
C’est pour les politiciens qui s’ennuient et croient en la guerre
"

La structure reposant sur l'utilisation répétitive du "c'est" est une invitation à saisir le mécanisme de la pénétration. Chaque entrée étant l'occasion fantasmatiquement parlant de renseigner la partenaire de ceux qui meut le cœur, de ce pourquoi il semble à ce jeune Prince légitime de se battre.

C’est pour la discrimination et les égoïstes qui se croient suprêmes
Et c’est pour tous ceux qui t’ont dit comment embrassé dans un jean de styliste
C’est pour - C’est pour - Pour ce que tu as à vivre
Cà, c’est pour les riches, pas tous les riches, juste les radins

La réflexion est tout azimut, derrière un aveux qui semble entrainé un danger pour la subjectivité suit immédiatement une quelconque bouffonnerie, néanmoins au terme de cette course (de taxi) et après un passage contemplatif autour des beautés de la nature ainsi qu'un délicat remerciement au créateur, par ailleurs perçu de manière totalement panthéiste, notre héros trouve une solution.

C’est pour le vent qui souffle sans se préoccuper de savoir s’il est rapide ou lent
De ne pas savoir où je vais
Cette galaxie, c’est mieux que de n’avoir nulle part où aller
Et maintenant je sais (je sais)

S'en suit un vibrant solo de guitare goinfré de distorsions qui ne laisse pas de doute sur la solution apporté: un puissant et conséquent orgasme pour nos deux amis.

Nous sommes au tout début des années 80, l'activité sexuelle non reproductive est souvent perçu comme une libération par rapport à une société par trop figée, le sida n'est pas encore apparu, du moins de manière médiatique, et c'est en tout cas la solution que choisit notre artiste pour s'extraire de son angoisse. Mêlé, fusionné avec sa partenaire, il tente de capter l'éternel d'une situation qui dans son immanence lui semble impensable et par trop flippante.

La chanson nous fait sentir que cette tentative est une totale réussite, c'est d'ailleurs en ce sens que cette production est une bombe de Funk malgré sa structure très narrative à priori peu compatible avec les canons du genre. Il reste qu'aujourd'hui le présupposé idéologique fait au minimum sourire, un peu comme de vouloir s'ouvrir l'esprit à la 8.6, la libération sexuelle est tout de même une chose bien étrange.


Posté par lowikdelic à 21:11 - Commentaires [3] - Permalien [#]
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Commentaires sur Madame la conductrice do u want my péni?

    les traductions proviennent de l'excellent travail effectué par la communauté princière francophone réunie ici http://www.schkopi.com/forum/ et plus précisément http://membres.lycos.fr/laurentmalolau/

    Posté par lowikdelic, 06 janvier 2010 à 22:44 | | Répondre
  • La communauté princière francophone s'étend bien au delà du forum Schkopi

    Posté par Mary, 23 janvier 2010 à 22:58 | | Répondre
  • pelvilace
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    Posté par caltagoff, 01 octobre 2012 à 22:09 | | Répondre
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