25 septembre 2010

La Paluche Estival

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Fin juillet, à cognac même, je m'endormais le petit matin venu à la lisière du parc François 1ier. J'espérais ainsi sous l'égide du cavaleur monarque passer une sereine matinée de sommeil. Le soleil dardait déjà nonchalamment , et sans cependant lui prêter quelques visées commerciales notre-père-qui-est-en-feu semblait bien avoir un beau-frère dans le placement de climatiseur. Reste que la nature sous nos bienveillantes latitudes est rarement surprenante et comme par souci d'équilibre, laissons-nous aller au mysticisme, un homme à la libido bien chevillé au corps, entreprit de me divertir gaiement. Ce brave gaillard, qui était parfaitement Homme dans l'ensemble de son anatomie, avait l'audace et ce à quelques mètres de moi de se palucher vigoureusement.

Je ne sais combien de temps il me fallu pour me rendre compte du singulier manège élaboré par ce matinal désir sur pattes, mais je décidais de ne pas m'en formaliser. Au demeurant voilà un homme qui balisait érotiquement de sa sève un arc de cercle autour de mon corps. Ça ne m'était, étonnez-vous vous qui vivez à cent à l'heure ô admirables contemporains, encore jamais arrivé.

Enfin voilà ce qui se passait à ce moment-là et pour citer Thoreau afin d'arguer du fond de ma pensée sans trop me crever les neurones « Tout constitue un gain si l'on est éveillé. Rien ne compte, à moins d'être éveillé. Nul plaisir ne dure, nul succès ne nous satisfait, nul gain n'a de signification sauf s'il est accompli dans un état de vigilance.»

Je présentais et ce aussi peut-être parce que je m'étais couché, enfin vautré dans l'herbe sur le coup de 6h saoul comme un borloo, que ce désir masculin certes un rien démonstratif peut-être, ne pouvait au final véritablement ne se jouer que dans l'excès. La désaxe qu'avait plus qu'amorcée en moi la consommation alcoolique me permettait d'avoir le courage ( physique!) d'affronter la libidineuse situation.

Je ne tenais certes pas à le rejoindre  dans son épopée humide et profitant de la belle matinée je continuai à m'abandonner à un demi sommeil. Je ne manquai cependant pas de le surveiller gentiment du coin de l'œil, lui qui dans son magnifique short de l'Om ne semblait jamais être à court de nouveau placements, expérimentant devant moi l'infini d'un désir bien entretenu! Bon dieu il ne manquait pas de talent!

Vers midi, patatras! Une famille entreprit de venir pique-niquer dans notre coin! Je vis mon ami, sans doute pour le coup la queue un peu basse, gentiment décamper. La qualité de mon sommeil s'en ressentit clairement... Au délicat bruit du frottement d'une main huileuse et d'une respiration délicieusement saccadée, mes oreilles durent s'habituer à des considérations sur la fin du tour de France et à l'incessant craquements des paquets de chips.

Ce cauchemar prit tout de même fin au bout d'une petite heure et mon jeune ami, jeune par sa prime sauterie j'entends, revint presque à peine la dernière chips avalée. Un peu plus loin de moi cette fois ci et gardant son short, il entreprit de se palucher en intérieur, et j'entendais ainsi depuis sa voiture quelques cris qui sans être équivoques, peut-être pratiquait-il je ne sais quel bricolage?, me semblait tout de même hautement significatifs. Ma grasse mat dés lors était pour ainsi dire finie. Sa fidélité ayant pour le coup définitivement fini de me séduire, j'entreprenais alors de petit-déjeuner prestement d'un biscuit fondu au chocolat, et me levant presque machinalement sans spécialement prévoir la suite des opérations je me dirigeai vers lui.

Sur ses pas, peut-être y avait-il dix mètres entre nous à ce moment-là, je me sentais telle une princesse filant vers ses sujets, je me savais l'orbite, la matrice, le nœud, j'étais ce singulier objet du désir, oui c'était moi! Et j'allais me présenter dans toute ma simplicité géniale.

Fort originalement sa voiture était toute peinturluré au couleur de l'équipe de footbaliste de Marseille! Ce petit détail ne devait malheureusement pas m'ôter de la trogne un rictus moqueur tout du long de notre entretien. Je commençais par lui demander un peu d'eau! L'homme, culotte remontée, fut un vrai ange à mon égard, se proposant instantanément de me faire découvrir sa ville!

Bon...Le monde extérieur est le monde du risque. Qui veut prendre du plaisir prend le risque de se prendre quelques belles taloches. Certes il est un remède à ce genre de stratégie, cela s'appelle l'ennui, mais ce n'était pas son jour, même l'ennui parfois a le droit à une petite rtt.

Je montais donc dans sa voiture, l'homme était d'une cordialité sans défaut. Son véhicule, dans aucun détails ne semblait avoir échapper au service marketing du club olympien ( ce qui me fit dire bien évidemment «alors comme ça on est supporteur du psg?» blague qu'il prit d'un rictus un peu courroucé) était qui plus est pourvu d'un écran vidéo à l'endroit du tableau de bord. Un rien crétin et sortant peu le dimanche, je demandais innocemment ce à quoi pouvait bien servir ce petit bijou technologique. L'homme devait me répondre d'un amusé « à me regarder des petites vidéos si tu vois ce que je veux dire!». Et je voyais ce qu'il voulait dire! Il est vrai que rien de notre petite aventure du matin ne devait bien sur être verbalisé, nous étions entres-hommes! Nous n'allions tout de même pas jacasser sur ce genre de choses, et si il était un fait que le désir était dominant et parfois nous malmenait le slip, nous n'allions pour autant faire fromage de nos jus.

L'homme me promena un peu, sa conversation était par contre il faut bien l'avouer un rien molle, et sans doute le frustrais-je un peu mais je finis tout de même par prendre la poudre d'escampette.

Il n'était guère pour moi plus qu'un enfant montrant son désir pour des bonbons à une caisse de supermarché, je n'avais pas à jouer les affolés. Mon intégrité physique que, j'acceptai de toute façon de jouer en dormant seul dehors, n'était pas réellement en cause. L'homme se mettait en scène et d'une certaine manière, même si je n'y fus pas sensible comme il l'eut souhaité, son désir en devenait dés lors solaire.

Je devais le revoir régulièrement les jours suivants. Ainsi le lendemain matin, plus calme cependant, il était là à me veiller bien gentiment. Je filais le saluer, le poids du passé entre nous nous liant singulièrement. Au delà du fait que parler de cul est toujours régénérant pour le sang, il me tenait de narrer cette histoire, peut-être d'une certaine manière purement masculine, qui pour autant ne se conjugue pas avec de l'agression. Cela passe certes par une mise en scène du désir un rien démonstrative, mais il ne m'appartient pas de déterminer le caractère normal ou non du bon déploiement et la visibilité à donner à la sexualité. J'étais pour ma part en position et d'en être interloqué et d'en être émoustillé et d'en être foncièrement bien amusé. Que mon camarade de l'OM en soit remercié!

Posté par lowikdelic à 12:13 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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