09 novembre 2011

Un chant d'amour pour monsieur Joe Henry

La vie a quelque chose de magique. 

Bon, on laisse aux gens le temps de s'expliquer avant de se moquer.

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Alors que depuis quelques années, et de secrètes façons, j'avais une prémolaire qui poussait contre Joe Henry, la découverte et singulièrement l'écoute, en totale pâmoison dimanche soir de son petit dernier Rêverie m'a remis en selle ô moi, cow-boy de l'infortune! Depuis, j'y crois, un jour je serais le premier Homme dans ta lune chérie.

Bon dieu, encore une phase maniaque?

Planche_bd_9856_GEORGES ET LOUIS

C'est qu'en fait, de secrètes façons et en soutenant l'inverse dans tout les salons de la crasseuse mondanité mondiale, je commençais à être un peu saoulé par Joe Henry. Je ne comprenais plus où il voulait en venir. Je l'ai découvert par Scar et, avec mauvais jeux de mots, la trace était profonde. (Scar=cicatrices) Comment oublier et pourquoi oublier la percée monstrueusement belle d'Ornette Coleman, ces grooves lettrés et léchés par de fort jolies langues portés, entre autres, par la scandaleusement indolente Meshell? 

http://www.youtube.com/watch?v=75eF9prSLRU

C'était alors l'été, et je déambulais la nuit dans les rues du Mans (moi aussi je suis l'âme du mans ouuu ouuu salut Jean-Luc le ténia! L'âme est vraiment immortelle permet-moi d'espérer petit bout de slip), avec mon discman, et j'ai des souvenirs précis de rues, d'emballements indécents. Je revois mon coeur avoir envie de se faire la louis malle de ma poitrine sur Cold enough to cross, je me revois m'imaginer que la vie semble pouvoir être jouable sur Edgar bergen. Personne a dit que t'allais gagner garçon mais c'est jouable! Tout ça était joyeusement carte vitale!

Je tannais alors tout ce qui pouvait bouger sur internet comme irl ( in real life) comme on disait alors. Eh oui à l'époque, internet c'était internet, c'était pas le web2. On ne confondait pas avec la vie réelle! On pouvait alors élégamment s'adonner au sexe virtuel.

On aura compris, malgré mes vifs efforts de dispersion, cet album m'avait bien allumé le calumet. J y avais senti, modestement alors, à l'époque je n'avais aucune connaissance musicale, une..., comment dire autrement, une supériorité? Je tremble de peur de ne trouver le sommeil ce soir en écrivant maintenant ces quelques lignes...Le cadavre de Bourdieu viendra t-il me rejoindre dans mon pieu (ça m'embéterait venant tout juste de changer les draps)  me reprochant mon évident complexe de classe?

éléments pour une critique vulgaire des critiques pures 

le dégoût du facile

le refus de tout ce qui est apparaît par trop facile, car volontiers-enfantin, primitif, trop aisément décodable, reconnaissable par avance,

préjugé platonicien en faveur des sens nobles, refus

le joli est ce qui flatte.

( notes perso arrimées de "la distinction")

 

Depuis, les albums qui ont suivis, ne m'ont jamais fait le même effet que Scar. Et comment ils auraient pu je ne vous le demande pas?!

Tiny voices m'avait tout de même surexcité à la rentrée 2003 mais s'avérait peut-être un peu confus, Civilians de 2007 m'apparaissait sec comme un stérilet de prof de lettres anciennes. Tout cela est affreusement gratuit et ne vise personne dans le monde réel. Blood from stars de 2009, alors là c'était le pompompidup, me plongeait parfois dans un abîme d'ennui. J'aurais alors du comprendre la céleste phrase de Jacques Rigault sur l'ennui comme lieu véritable de l'être.

Et voilà mes braves salariès, ces albums avaient beau être fourrés de merveilleuses chansons, de musiciens terrifiants, je n'y comprenais rien ( J'ai redoublé ma cinquième en même temps vous savez...), et en plus, ah les cons c'était pourtant simple, il n'était pas Scar!

Il fallait réparer cette blessure d'où j'avais jailli à l'époque, ce vagin d'où je m'étais extrait, ouais ouais mon origine tout ça...Putain c'était avant le 11 septembre! Rendez-vous compte! Dingue!

Euh ouais on s'en fout en fait.

Par contre la thématique du, ah mais comment un artiste peut-il survivre à un chef d'oeuvre a j'imagine déjà du être traitée aux pesticides? Eh bien, cruelle faute de l'histoire des idées, point encore par me, myself and I, ce qui me donne donc une bonne raison pour continuer à pérorer.

En pondant un autre chef d'oeuvre qui redonne sens à tout le reste de l'oeuvre. La réponse sans plus attendre, ça c'est du swing!  Eh oui les coco(ttes)! Pas compliqué la vie pour les génies. Que vais-je encore faire aujourd'hui qui portera trace de mon don divin? M'essuyer le fondement avec un canari mort? Lécher le visage d'une vieille femme à la caisse du monoprix? Prendre un enfant par la main et l'emmener vers demain?

On s'en fout, tout est possible, vous êtes génial. L'histoire jugera et jugulera et maintenant l'histoire c'est moi. Vive la blogocivilisation gniarfgniarf.

Rêverie est une tuerie. Un camp de concentration d'émotions lourdes comme mes analogies. Cet album éclate en moi comme lorsque marina en ce2 m'avait fait un dessin où elle m'invitait à lui mettre mon zizi dans les fesses. Dois-je cependant désormais lui bazarder du Franky Vincent sur son mur facebook telle est la question?

Rêverie est d'abord un son. C'est bien aussi, quand on y pense pour de la musique. Cet album, enregistré en deux jours je crois, dans la maison de Joe en Californie possède une texture qui vous redéfinit l'usage de votre appareillage. Il faut absolument l'écouter sur une chaîne correcte, en laissant le son s'échapper, vivre, rebondir sur les murs, faire claquer ses talons aguicheurs sur votre parquet lustré de cyprines de bonnes à trousser vivement, bandes de bourgeois pervers...

Laissez le vivre sa vie comme le chantait l'inimitable (et c'est heureux) Frédéric François. Cet album vous choisira, s'imposera à vous comme une femme québécoise. Non mais n'importe quoi les à priori je sais.

Rêverie est-il le meilleur album de Joe Henry? Surpasse t-il Scar? Ça n'est pas le moment de se prononcer là dessus. Par contre, je veux bien que la turquie rentre dans la zone euro pendant que la grèce se casse si toutefois, vous tenez vraiment à ce que je passe à table. Qu'est-ce qu'on boit putain?

Ce soir, je réécoute Civilians, et je suis dans un état d'excitation tout à fait suspect. Qu'est-ce que j'y comprends sinon que grâce à Joe henry et  Loudon Wainwright IIIBill FrisellGreg Leisz, and Van Dyke Parks. je reprends pied sur terre, je m'arrime à du merveilleux. Pas géné le gars je sais.

Je serai certes bientôt ré-éjecter, je repartirai (Maman pourquoi m'as tu laissé tomber de ton ventre chantait Polac) alors vers mon destin de plancton nourrir de plus gros bazars que moi mais là, pendant quelques instants, j'ai ma petite place bon dieu. Je comprends quelque chose dans les ténébreuses floraisons du sens. Qu'est-ce que j'y comprends encore, à part que j'ai la sensation d'entendre un son qui m'admet en lui. Plus besoin d'aller aux putes, plus besoin de prier dieu, c'est là, sur terre et maintenant, hic & nunc dirait Frederic Lordon (1)! 

 Alors Je ressens. Je ressens bon même.

Merci gros, merci Joe.

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(1) C'est là une fine allusion de l'auteur a une facheuse tendance qu'à Lordon de coller des machins latins partout en s'imaginant que tout le monde téte ça peinard et sans effort.









 

Posté par lowikdelic à 01:12 - Commentaires [2] - Permalien [#]
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Commentaires sur Un chant d'amour pour monsieur Joe Henry

    'tin, je me suis régalé à te lire, t'es pas pourri du stylo/clavier mon gars ! Le rêve rit de ses rêveries. Me le faut cet alboum crénom ! C'est malin !

    Posté par dom imonk, 09 novembre 2011 à 14:10 | | Répondre
  • C'est heureux domifonk, ravi d'avoir régalé à si peu de frais, comme quoi qu'il a raison ce Jp Coffe!

    Posté par brotha loic, 09 novembre 2011 à 17:42 | | Répondre
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