01 décembre 2011

Charles Bradley and The Menahan Street Band/ Le temps machine 3/11

Le rapport entre Charles Bradley et Max Weber? (Où entre tes fesses et les mouches? )

 

Non mais, ça fait partie de ses moments que forcément on raconte au sortir d'un concert. On passe d'abord, avec une tendresse non feinte, si si, nous voilà magnanime et impératrice, sur le peut-être niveau un peu léger du Menahan street band,

C'est que, niché dans un coin du bulbe, dans un coin agressif, vilain, prompt aux raccourcis (1), on ne peut s'empêcher de penser au groupe maison, emblème de Daptones records, les Dap-Kings. Car oui il y a des choses à sauver dans ce mouvement revival 60', et les disques de Sharon Jones accompagnées des dapkings méritent ce traitement. En vérité, je vous le dis!

 D'autant plus, couardise obligeant, Sharon est une ancienne matonne et qu'elle doit donc encore avoir un seyant coup de gourdin.

Alors le menahan street band en comparaison? Ok c'est un peu la pâtisserie qu'on fait soi-même. Enfin je veux dire celle où l'on presse le sachet avant de, euh attention pas de gaffe, concentration extrême, beurrer le plat et enfourner courageusement. Et voilà quoi, ils sont pas vraiment tight. Serrés. Ça suinte sur les bords.

Le fait est que le répertoire du père Bradley se rapproche volontiers du son de James Brown version 64, c'est à dire un chouya avant out of sight, une once avant papa gots. L'essence pure du rythme est encore en seconde peau, et pour ce qui est de matraquer le groove comme un possédé forcené ( ce qui ne facilite pas la vie sociale), il va falloir attendre encore un peu.

En quelque sorte, Charles Bradley reprend les choses à cet endroit, et s'y coltine humblement.

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C'est son coup, c'est son moment, et il le fait à chaque fois. Son truc en plumes quoi.

Il vient littéralement chialer sa mère dans le public. il vient vous bazarder dessus une bonne liasse de larmes vertes. In God we trust.

Le fait est que les larmes n'adhèrent pas aux plumes.

Alors après au bar, évidemment comme il ne faut jamais louper une occasion de se la péter, on essaye de faire le rapprochement avec Max Weber, bin oui mais c'est bien sur ducon! Il s'efforce de rendre hommage à son dieu, et tout celà est matérialisé par la somme d'argent qu'il va pouvoir amasser! Y a de ça. Bien qu'il fasse pas la quête non plus.


La bonne parole n'est pas imposable


"Il y a une scène que je n'oublierai jamais. J'aimais bien Tom Jones et c'est au cours de cette tournée avec Little Richard que j'ai fais sa connaissance. On faisait la route depuis trois semaines ou un mois, Little Richard était d'un abord facile, il l'est toujours, et on se marrait bien avec lui. Mais à cardiff, Tom Jones et son groupe, The Squires, ont débarqué, et ils avaient cinq ans de retard. Ils se sont pointés un soir dans la loge de Little Richard avec leurs manteaux en léopard avec col en velours noir, capes, tout l'attirail des teddy boys, en procession présenter leurs respects. Tom Jones va jusqu'à poser un genou à terre devant lui comme s'il s'agissait du pape. Bien entendu, Richard saute sur l'occasion: " Mes garçons!" Les visiteurs n'ont aucune idée qu'il est pédé comme un foc, donc ils ne savent pas comment prendre ça. "Oh baby, t'es une vraie beauté, toi!" Choc culturel total, mais ils sont tellement bluffés par Richard qu'ils sont prêts à tout accepter. Là, il me lance un clin d'oeil et un petit signe de tête: " Oh j'adore mes fans! Je les adore! Oooh, baby!" Le révérend Richard Penniman: ne jamais oublier qu'il est issu de l'Eglise du gospel, comme la plupart de ces gars. On finit tous par chanter "Alléluia" à un moment ou un autre. Al green, Little Richard, Solomon Burke, ils ont tous été prédicateurs. La bonne parole n'est pas imposable. ça a très peu à voir avec Dieu et beaucoup avec le fric."

Keith Richard "life"


Mais quand bien même il y a légère filouterie, il y a aussi, à mon sens , prime beauté dans son geste! Dans ce registre du pire pathos qui vient se mêler, qui vient s'entremêler avec vous, se frotter un peu vulgairement, mais qui vous donne à voir, à ressentir une opération de sublimation. 

Alors pour une bonne opération de sublimation!

Prenez un bon public prêt à s'enthousiasmer parce que tout de même il a payé fopadéconné.

Quelques coeurs meurtris

Des cris, des râles, entremêles d'arpèges déchirants

des volontés incroyables de changer sa vie, de se remettre sur les rails 

Saupoudrez d'idéalisme béat

et c'est torché!

(On peut aussi penser avec Yvan Audouard que "l'exploitation de la bêtise n'est pas à la portée du premier imbécile venu.")

 Mais voilà une assemblée de fidèles des illusions de la Soulmusic sauvée par la Maison Charles Bradley.

Le tempsmachine vaut bien une messe. Youpiya.


(1) IMPORTANT: Si sur la route, c'est un choix qui vous appartient, Il ne faut surtout ne jamais prendre de raccourcis lorsque vous pensez dans le dedans de votre tête et qui plus est en public. Il est en effet, très mal-appris de prendre un raccourci et de venir claironner son saoul tout fiérot, alors que la plupart sue sang et eau sur un chemin neuronale boueux. (A part dans l'histoire d'Abel et Cain certes, mais il n'appartient pas à tout le monde d'être le chouchou de dieu.)

 

On ira voir plein de belles photos de l'événement ici même.

Viens dans mon site on est déjà 4 (enfin... si t'es avec 2 potes...)...


 

 

Posté par lowikdelic à 19:35 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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